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Préservez la diversité des légumes

La diversité est un point clé de la culture bio, et la liberté de choix, un fait qu’apprécient tour les jardiniers, notamment lorsqu’ils en sont au stade de la sélection. Il existe heureusement des spécialistes férus de biodiversité, comme Jean-Luc Danneyrolles.

Dans son Potager d’un curieux à La Molière (Vaucluse), il a créé un véritable conservatoire de variétés de légumes, riche notamment en piments (250 variétés) et en tomates (40 variétés).
La perte génétique
Au fil des années, les cultivars de légumes vont et viennent dans les catalogues de graines, tandis que les modes de culture progressent et changent. La perte de cultivars se produit également lorsque le dernier membre d’une famine meurt. Chaque fois que cela arrive, un élément de notre héritage génétique disparaît. A la fin des années 1970, de nouveaux règlements européens conçus pour favoriser la reproduction de nouvelles variétés ont, paradoxalement, accélère la perte de cultivars. Grâce au label de la protection variétale pour les végétaux, les obtenteurs retirent un meilleur profit de leur travail. Les règlements ont été établis

pour résoudre le problème des homonymes, un cultivar pouvant être vendu sous plusieurs noms. Aussi est-il devenu illégal en Europe de vendre des graines de cultivar ne figurant pas dans une liste nationale ou européenne. Pour ajouter un cultivar a une liste, il faut le tester afin de vérifier s’il s’agit d’une variété unique et s’assurer qu’il se reproduit fidèlement. Le problème est que le test et l’enregistrement peuvent coûter des centaines d’euros pour chaque variété. Si cela n’est pas très grave pour les cultivars qui connaissent un grand succès commercial, ceux qui sont vendus en petites quantités ne peuvent supporter ces frais.

Chaque personne qui cultive son jardin commet un acte de résistance et un acte politique.

Chaque personne qui cultive son jardin commet un acte de résistance et un acte politique.

Une banque de graines
C’est pour répondre à cette législation et pour préserver la diversité variétale que les jardiniers anglo-saxons ont rapidement organise des ‘réseaux de jardiniers-semenciers, ainsi le Seeds Exchange Savers aux Etats-Unis et le HSL (Heritage Seed Library) en Angleterre dans les années 1970. La France leur a emboîté le pas dans les années 1980: Le club Mémoire verte se constitue sur le même principe que les réseaux anglo-saxons. On découvre les anciennes variétés fruitières et potagères à travers des associations militantes. Cette idée associative essaime en de nombreuses petites.entreprises semencieres et pépinières écologiques. Terre de semence, actuellement association Kokopelli, prend le relais du club Mémoire verte dans l’Allier. Grâce à ces multiples réseaux, on assiste aujourd’hui a une incroyable renaissance de ces variétés anciennes dont chaque jardinier peut conserver la semence avec un peu d’expérience. C’est un patrimoine d’une richesse génétique rare, une banque de semences gérée par des jardiniers en réseaux solidaires.

Les « banquiers »
Les innombrables collectionneurs amateurs, jardiniers et conservateurs: l’association Kokopelli, le Biau germe, la Ferme Sainte-Marthe, les Graines Baumaux, le Potager d’un curieux et les dernières entreprises semencières artisanales (il y en a souvent une dans chaque région) ainsi que l’INRA (Institut national de la recherche agronomique) qui détient énormément de semences; Monsanto et Novartis (génie génétique industriel) ont également collecte de nombreux échantillons du patrimoine génétique dans les années 1980.


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